Deux collègues d'une petite équipe e-commerce examinent ensemble une notification reçue sur un smartphone posé sur un bureau de travail.
Publié le 27 octobre 2026

Un SMS de suivi envoyé au bon moment peut rassurer un client davantage qu’une campagne promotionnelle répétée. Pourtant, dans de nombreuses PME, la communication mobile reste pilotée par le coût unitaire : quelques centimes par SMS, une liste de contacts et un bouton d’envoi. Cette logique néglige deux éléments essentiels : l’attente réelle du destinataire et son autorisation à recevoir certains messages.

Une stratégie de communication mobile efficace commence par une distinction simple. Informer un acheteur d’un retard, confirmer un rendez-vous ou répondre à une demande ne poursuit pas le même objectif que proposer une remise. Le canal, le moment d’envoi et les règles applicables doivent refléter cette différence.

Pour une entreprise de services ou un e-commerce, l’enjeu consiste à organiser SMS, WhatsApp, e-mails et notifications autour du parcours client. Cela suppose de documenter les consentements, de coordonner les équipes et de mesurer les résultats commerciaux sans sacrifier la qualité de la relation.

La méthode consiste à envoyer moins de messages inutiles, à mieux choisir les situations où le mobile apporte une valeur concrète et à conserver une preuve vérifiable des autorisations nécessaires.

Communication mobile : les décisions essentielles

  • Réservez les messages courts aux informations attendues, urgentes ou directement utiles ; choisissez le canal selon le contexte plutôt que selon son seul prix.
  • Recueillez et conservez un consentement adapté aux communications commerciales, en respectant les règles propres au pays et à la plateforme.
  • Pilotez la pression commerciale à l’échelle de chaque client, tous canaux confondus, grâce aux désinscriptions, aux signalements et aux conversions réellement attribuées.

Pourquoi un SMS de suivi convertit mieux qu’un e-mail « newsletter du jeudi » ?

Un SMS de suivi peut obtenir de meilleurs résultats qu’une newsletter parce qu’il répond à une attente précise : connaître l’état d’une livraison, confirmer un rendez-vous ou résoudre un incident. Cette efficacité ne vient pas automatiquement du SMS. Elle dépend de la pertinence du message, de son moment d’envoi et de l’action mesurée.

Lorsqu’un client attend une commande, une information sur son expédition répond à une question qu’il se pose déjà. Le SMS arrive directement dans sa messagerie et permet de transmettre une réponse courte. Une newsletter généraliste doit, au contraire, susciter un intérêt qui n’existait pas nécessairement avant sa réception.

Les études sectorielles sur la messagerie mobile mettent souvent en avant une consultation rapide des SMS. Mais la rapidité de lecture ne constitue pas une preuve de conversion commerciale. Un message peut être ouvert sans entraîner de visite, d’achat ou de réservation.

La distinction fondamentale concerne la finalité. La CNIL différencie les communications commerciales, transactionnelles et relationnelles. Un suivi de commande dépourvu de promotion ne relève pas nécessairement des mêmes exigences qu’un message invitant à acheter. Ces distinctions sont détaillées dans les règles de la CNIL sur les communications électroniques.

Pour sélectionner le bon canal, une grille simple suffit :

  • SMS : information courte, personnelle et sensible au temps, notamment un changement de rendez-vous.
  • E-mail : facture, explication détaillée, documentation ou contenu nécessitant une consultation ultérieure.
  • Notification applicative : information destinée à un utilisateur actif ayant autorisé les notifications.

Le coût mérite également une analyse au-delà du tarif affiché par message. Pour une campagne, le coût par conversion attribuée se calcule ainsi : coût total des envois divisé par le nombre de conversions attribuées. Si 100 SMS coûtent hypothétiquement 5 € et produisent cinq conversions attribuées, le coût d’envoi par conversion est de 1 €. Ce calcul pédagogique exclut les coûts de plateforme et d’exploitation, qu’il faut ajouter pour connaître le coût complet.

Un SMS peut ainsi revenir plus cher à l’unité tout en présentant un meilleur rendement sur une action précise. Il faut toutefois comparer des campagnes aux objectifs similaires et distinguer conversion, consultation et simple information réussie.

La performance d’un message attendu ne doit jamais servir de justification à une multiplication des promotions. Plus le numéro d’envoi est associé à des sollicitations indésirables, plus l’entreprise risque de perdre l’attention nécessaire aux communications importantes.

Comment lancer WhatsApp Business en 7 jours avec un opt-in compréhensible ?

Pour lancer WhatsApp Business en sept jours, commencez par un usage limité, choisissez l’outil adapté, rédigez un consentement explicite et testez les réponses avant tout envoi. Ce calendrier constitue un plan de démarrage pour une petite structure, non une garantie de mise en production : une intégration technique complexe peut demander davantage de temps.

Le premier choix concerne l’architecture. L’application WhatsApp Business convient à une activité traitant manuellement un volume limité de conversations. WhatsApp Business Platform, généralement intégrée à un logiciel métier ou CRM, répond à des besoins d’automatisation et de gestion à plus grande échelle, avec des règles spécifiques sur les modèles de messages.

Un lancement progressif peut suivre ce calendrier opérationnel :

  1. Jour 1 : choisir entre application et Platform, désigner un responsable et définir un premier cas d’usage.
  2. Jour 2 : sélectionner les communications prévues : confirmation, information de service ou assistance.
  3. Jour 3 : rédiger le libellé de consentement, organiser sa collecte et conserver sa preuve.
  4. Jour 4 : paramétrer le compte, les réponses automatiques et le traitement des demandes d’arrêt.
  5. Jour 5 : faire relire le formulaire par quelques utilisateurs et corriger les ambiguïtés.
  6. Jour 6 : tester les scénarios d’envoi, de réponse, de désinscription et les modèles nécessaires.
  7. Jour 7 : ouvrir le service à un petit groupe autorisé et observer les premiers retours.

Le calendrier n’a de valeur que si le consentement est intelligible. Une case dédiée, non précochée, constitue une approche prudente pour la prospection : « J’accepte de recevoir sur WhatsApp des conseils et offres de [entreprise], au maximum deux fois par mois. Je peux arrêter ces messages à tout moment en répondant STOP. » Le libellé réel doit correspondre aux contenus et à la fréquence effectivement prévus.

Un accord donné pour recevoir des newsletters par e-mail ne suffit pas à présumer une permission pour toute communication sur WhatsApp. Les autorisations et les autres fondements éventuellement applicables doivent être vérifiés pour chaque usage et chaque canal.

La politique officielle de messagerie WhatsApp Business exige notamment la permission des destinataires, le respect des demandes d’arrêt et, sur la Platform, l’utilisation de modèles approuvés pour certaines communications initiées par l’entreprise. En dehors de la fenêtre de service client de 24 heures ouverte par un message de l’utilisateur, ces modèles sont nécessaires pour reprendre contact via la Platform.

Le test d’opt-in doit être concret : montrez le texte à plusieurs personnes et demandez-leur quel canal sera utilisé, quels messages seront reçus, à quelle fréquence et comment arrêter les envois. Une réponse hésitante signale un libellé à reprendre.

Un lancement limité facilite l’identification des incompréhensions. Les signalements et retours négatifs peuvent entraîner des restrictions du compte ; mieux vaut vérifier la qualité des premières conversations que rechercher immédiatement un volume élevé.

SMS, e-mail ou notification : que choisir pour un retard de livraison de moins de 24 h ?

Pour un retard de livraison inférieur à 24 heures, choisissez le SMS lorsque le client doit connaître rapidement une modification importante. Préférez l’e-mail si l’information demande des explications détaillées et la notification si une application permet une action immédiate. Le choix dépend aussi des permissions disponibles et de l’urgence réelle.

Un retard annoncé la veille de la livraison ne justifie pas nécessairement trois messages simultanés. Le client cherche d’abord à savoir quand sa commande arrivera et s’il doit modifier son organisation.

Trois critères déterminent le canal : le délai avant l’événement, la quantité d’informations à transmettre et la possibilité de contacter légalement le destinataire. Un retard ne dispense pas l’entreprise de vérifier la finalité et les règles applicables aux données utilisées.

La comparaison suivante facilite la décision :

Choisir le canal selon la situation de livraison
Situation Canal privilégié Contenu adapté
Décalage léger communiqué la veille E-mail Nouvelle date estimée et suivi détaillé
Changement de créneau imminent SMS Nouvel horaire et contact utile
Livraison à reprogrammer Notification applicative, si disponible Accès direct au choix d’un autre créneau
Incident exigeant une explication longue E-mail Cause, conséquences et solutions proposées

Il faut distinguer un retard subi d’une modification volontaire. Lorsque le transporteur annonce une difficulté, une information factuelle avec un lien de suivi peut suffire. Lorsque le client souhaite reporter sa livraison, le canal doit surtout permettre de réaliser cette action sans friction.

Une règle de cascade limite la répétition : envoyer le message par un canal principal, puis utiliser un second canal uniquement si une action demeure nécessaire et que les conditions de contact le permettent. L’absence d’ouverture ne justifie pas systématiquement une relance.

Pour une livraison prévue le jour même, un SMS très court peut devenir préférable : « Votre livraison prévue entre 14 h et 16 h est reportée. Nouveau créneau estimé : 17 h–19 h. Pour toute difficulté, contactez notre service client au numéro habituel. » Cet exemple suppose que le nouvel horaire ait été confirmé.

Le meilleur message n’est pas celui qui ajoute un point de contact, mais celui qui réduit concrètement l’incertitude du destinataire. Cette exigence d’utilité doit aussi guider les communications commerciales, dont les règles de consentement sont différentes.

L’erreur CNIL d’envoyer 500 SMS « offre du moment » à une base sans preuve d’opt-in

Envoyer 500 SMS promotionnels à des particuliers sans pouvoir justifier la permission de les contacter expose une entreprise à un risque de non-conformité. Le nombre de destinataires ne constitue pas l’infraction : le problème réside dans l’absence de fondement applicable, la nature commerciale du message et l’impossibilité de démontrer les conditions de collecte.

En France, la prospection commerciale électronique vers des particuliers repose en principe sur un consentement préalable libre, spécifique, éclairé et univoque. Une exception encadrée peut notamment concerner les clients existants pour des produits ou services similaires proposés par la même entreprise, sous réserve des conditions légales, dont l’information et la possibilité d’opposition.

La création d’un simple compte e-commerce ne suffit pas en principe à bénéficier de cette exception. La prospection entre professionnels relève de règles distinctes. Ces nuances figurent dans la fiche de la CNIL sur la prospection par SMS et e-mail.

Pour les autres pays francophones, notamment la Belgique, la Suisse ou le Canada, le cadre français ne doit pas être transposé automatiquement. Une entreprise doit vérifier la réglementation du pays concerné, le type de destinataire et les règles spécifiques à sa plateforme.

La preuve du consentement ne se résume pas à une colonne intitulée « opt-in : oui ». Une traçabilité solide comprend notamment :

  • la date et l’heure de l’action positive ;
  • le libellé exact du consentement présenté ;
  • le canal et les finalités concernés ;
  • la provenance de la collecte ;
  • les retraits de consentement et oppositions enregistrés.

Ces éléments constituent une méthode pratique de documentation, non un format technique universel imposé à toutes les entreprises.

Une base achetée ou importée sans historique fiable ne doit pas être utilisée automatiquement pour une campagne promotionnelle. Chaque segment doit faire l’objet d’une vérification des permissions et des éventuelles exceptions applicables. Lorsque la situation est ambiguë, il faut éviter l’envoi commercial direct ; une demande de reconfirmation ne peut elle-même être envoyée que par un moyen juridiquement autorisé.

Au-delà des sanctions réglementaires possibles, des sollicitations non désirées peuvent provoquer des plaintes, des blocages et une détérioration de la réputation de l’expéditeur. Ces conséquences ne peuvent être quantifiées sans données propres à la campagne.

Checklist : sécuriser une base de contacts avant l’envoi

  1. Exporter les contacts avec leur canal et leur origine ; livrable : un inventaire daté de la base.
  2. Vérifier les consentements et exceptions applicables ; livrable : une classification documentée par segment.
  3. Conserver les traces de collecte disponibles ; livrable : un registre consultable des permissions.
  4. Exclure les oppositions et contacts sans fondement vérifiable ; livrable : une liste d’envoi filtrée.
  5. Valider le contenu, l’identification de l’expéditeur et le mécanisme de désinscription ; livrable : une fiche de conformité signée avant campagne.

La conformité doit être vérifiée avant l’envoi, pas après une plainte. Une fois la base fiabilisée, il reste à décider combien de messages commerciaux l’audience peut raisonnablement recevoir.

Problème de pression promo : comment limiter à 1 message commercial pour 4 messages utiles ?

Pour limiter la pression promotionnelle, utilisez le ratio d’un message commercial pour quatre messages utiles comme repère de pilotage, et non comme règle juridique ou fréquence optimale démontrée. Mesurez le mix de communications sur une période glissante, puis ajustez les envois selon les désinscriptions, les signalements et l’engagement réel des destinataires.

La communication mobile consomme un capital attention limité. Un rendez-vous confirmé ou un incident résolu renforce généralement la perception d’utilité du canal. À l’inverse, une succession de promotions génériques peut conduire le destinataire à ignorer les messages suivants.

Pour observer cet équilibre, une PME peut créer un tableau de bord sur 30 jours en séparant les communications réellement attendues des sollicitations commerciales.

Exemple hypothétique d’un mix de communications sur 30 jours
Catégorie Volume illustratif Traitement
Confirmations de rendez-vous 120 Utile si réellement attendue
Informations de livraison 80 Utile si purement informative
Offres promotionnelles 50 Commercial

Dans cet exemple fictif, le ratio est de 50 messages commerciaux pour 200 utiles, soit un pour quatre. Il décrit une répartition globale des envois, sans prouver que chaque personne a reçu cette même proportion. Il ne doit jamais conduire à fabriquer des messages dits « utiles » uniquement pour autoriser davantage de promotions.

Un SMS indiquant « Votre commande arrive demain, profitez aussi de nos offres » poursuit une finalité promotionnelle en plus de l’information logistique. Il ne doit donc pas être classé comme une simple communication transactionnelle pour les besoins du pilotage.

Le ratio ne remplace ni le consentement ni une limite de fréquence individuelle. Une personne n’ayant reçu aucun message attendu n’a pas vocation à recevoir une promotion sous prétexte que la moyenne globale paraît équilibrée.

Surveillez les désinscriptions par campagne, les signalements disponibles, les réponses négatives et l’évolution de la délivrabilité. Une baisse d’engagement peut précéder des désinscriptions visibles, mais elle ne démontre pas à elle seule une saturation : l’offre, le ciblage et le moment d’envoi jouent également.

Cette approche protège l’attention sans transformer une méthode interne en règle universelle. Elle doit aussi s’appliquer aux informations sur la commande, particulièrement lorsque les délais de livraison créent de l’incertitude.

Pourquoi une part importante des paniers s’envole quand la date de livraison reste floue jusqu’au bout ?

Une date de livraison imprécise peut provoquer l’hésitation d’un acheteur au moment du paiement. Lorsqu’il ignore quand son produit arrivera, il doit évaluer lui-même le délai et le risque associé. Cette incertitude peut contribuer à l’abandon du panier, sans qu’un pourcentage universel de pertes puisse lui être attribué.

Un client qui commande un article pour un événement précis n’interprète pas « expédition sous trois jours » comme une garantie de réception. Il doit ajouter mentalement le transport, les jours non ouvrés et les éventuelles contraintes géographiques.

Cette charge d’interprétation apparaît au moment où l’entreprise demande une décision définitive. Si les frais et délais ne deviennent visibles qu’à la dernière étape, l’acheteur peut considérer que les informations précédentes étaient incomplètes.

41 %

Proportion des sites examinés dans un benchmark UX présenté par Baymard en 2023 qui n’indiquaient pas de date de livraison. Il ne s’agit ni d’un taux d’abandon de panier ni d’une mesure représentative du marché en 2026.

Baymard Institute, recherche UX sur les informations de livraison, publiée le 27 juin 2023.

La recherche UX de Baymard sur les dates de livraison montre que certains utilisateurs doivent calculer eux-mêmes leur date de réception lorsqu’un marchand n’affiche qu’une vitesse d’expédition. Ses observations appuient la recommandation d’indiquer une date estimée pour chaque option de transport.

La promesse doit ensuite rester cohérente sur la fiche produit, dans le panier, pendant le paiement et dans la confirmation de commande. Un délai plus prudent mais réaliste peut inspirer davantage confiance qu’une annonce attractive modifiée au dernier moment.

Après l’achat, SMS et notifications servent à confirmer cette promesse ou à signaler un changement vérifié. Une information mobile ne peut cependant pas compenser durablement des dates systématiquement imprécises.

Pour identifier le problème sur son propre site, il convient de comparer les abandons avant et après l’affichage des délais et des frais, en tenant compte des autres éléments du tunnel. Un test peut ensuite mesurer l’effet d’une date estimée plus explicite.

La transparence réduit une source d’incertitude, mais n’élimine pas tous les abandons. Sa mise en œuvre demande une coordination entre l’équipe e-commerce, les opérations logistiques et les responsables des communications clients.

Problème de pression promo : comment doser la communication commerciale sans épuiser son audience ?

Pour éviter d’épuiser une audience, centralisez les sollicitations commerciales, définissez un responsable de la pression marketing et adaptez la fréquence au comportement des clients. Une limite globale d’envoi ne suffit pas : chaque équipe doit connaître les messages déjà reçus par le destinataire, quel que soit le canal utilisé.

Dans une PME omnicanale, plusieurs services peuvent solliciter le même client sans coordination. L’e-commerce prépare une relance, une boutique annonce une opération spéciale et le service marketing diffuse une campagne SMS. Chaque message paraît raisonnable isolément, mais leur accumulation devient intrusive.

La première correction est organisationnelle : établir un calendrier partagé des communications et un historique des sollicitations par destinataire. Ce dispositif doit permettre de distinguer les informations de service nécessaires des campagnes facultatives.

Un responsable clairement désigné arbitre les conflits de calendrier. Son rôle consiste à reporter les opérations secondaires, contrôler les exclusions et vérifier que les audiences ne sont pas sollicitées inutilement sur plusieurs canaux.

La fréquence doit également tenir compte du niveau d’engagement :

  • Acheteurs récents : priorité aux informations d’utilisation, de commande et d’assistance ; éviter une nouvelle sollicitation commerciale immédiate.
  • Clients actifs : proposer des communications en rapport avec leurs besoins et préférences déclarées, dans les limites autorisées.
  • Clients inactifs : limiter les relances et interrompre celles qui ne suscitent aucun intérêt, selon une politique de conservation et de contact adaptée.
  • Prospects : vérifier les permissions et privilégier les sollicitations justifiées plutôt que la répétition.

Une entreprise peut prévoir une période de silence commercial après l’achat, un plafond individuel de sollicitations et un mécanisme de désinscription fonctionnel sur chaque canal. Les durées et plafonds doivent être déterminés à partir des résultats observés, des préférences et des obligations applicables.

La décision ne doit pas appartenir uniquement à l’équipe qui souhaite envoyer. Le coût budgétaire, les performances attendues et le risque de fatigue doivent être examinés ensemble. Cette coordination évite que plusieurs campagnes techniquement conformes produisent une mauvaise expérience cumulée.

Lorsque cette organisation fonctionne, le mobile retrouve son rôle d’accompagnement du parcours client. Cette cohérence devient particulièrement importante au moment de finaliser un achat, lorsque chaque friction peut provoquer un abandon.

À retenir avant d’optimiser le parcours d’achat

  • Un message de relance ne répare pas un tunnel de paiement confus : les frictions doivent d’abord être corrigées à leur origine.
  • Les données de navigation et d’achat doivent être analysées par segment pour éviter les conclusions tirées d’une moyenne générale.
  • Une relance mobile après abandon doit être évaluée comme une communication à part entière, avec sa finalité, ses permissions et son niveau de pression.

Comment concevoir une expérience d’achat qui réduit l’abandon de panier ?

Pour réduire l’abandon de panier, simplifiez le paiement mobile, affichez les frais et délais suffisamment tôt et évitez les relances automatiques non pertinentes. La communication mobile intervient en complément d’un parcours fiable. Aucun ajustement ne garantit une réduction universelle de 25 % : le résultat doit être mesuré sur le site et les segments concernés.

Un acheteur qui découvre des frais supplémentaires à l’étape finale n’a pas nécessairement besoin d’un SMS de relance. Il a d’abord besoin d’une information transparente et d’un parcours sans mauvaise surprise.

La priorité consiste donc à observer les obstacles concrets :

  • un formulaire trop long à remplir sur téléphone ;
  • des moyens de paiement inadaptés au mobile ;
  • des frais de livraison découverts tardivement ;
  • une date de réception difficile à anticiper ;
  • une interruption du parcours lors du changement de navigateur ou d’appareil.

Les corrections doivent être hiérarchisées selon leur fréquence et leur impact constaté. Par exemple, simplifier une étape de saisie peut être plus utile qu’ajouter une réduction promotionnelle à une relance.

Pour mesurer les progrès, segmentez le taux d’abandon selon l’appareil utilisé, la provenance des visites, la valeur du panier et le statut de nouveau client ou de client existant. Conservez une définition stable du panier et de l’abandon afin de comparer des périodes équivalentes.

La relance d’un panier abandonné exige une attention particulière. Elle ne constitue pas automatiquement une communication transactionnelle au seul motif que le visiteur a ajouté un produit au panier. Lorsqu’elle poursuit un objectif commercial, les règles de prospection applicables doivent être examinées, y compris les conditions d’une éventuelle exception pour certains clients existants.

Si la relance est permise, un message peut rappeler le contenu du panier ou proposer un accès direct à sa finalisation, sans créer une urgence artificielle. Il doit respecter les préférences du destinataire, permettre les oppositions nécessaires et éviter de multiplier les canaux pour une même tentative.

Le suivi des résultats doit enfin distinguer les achats réellement attribuables aux relances des commandes qui auraient probablement été passées sans intervention. Une comparaison avec un groupe témoin, lorsque cela est possible et correctement organisé, aide à estimer l’effet incrémental.

Commencez par auditer le parcours d’achat sur smartphone, corrigez la friction la plus documentée, puis testez une communication utile et autorisée sur un segment limité. Mesurez conjointement l’abandon, la satisfaction, les désinscriptions et le coût complet des actions avant toute généralisation.

Questions fréquentes sur la communication mobile responsable
Une entreprise peut-elle envoyer un SMS de confirmation sans consentement marketing ?

En France, un véritable message transactionnel nécessaire à la gestion d’une commande ou d’un service demandé ne relève pas nécessairement des mêmes règles que la prospection commerciale. Sa finalité doit rester informative, sans promotion déguisée, et le traitement des coordonnées doit disposer d’un fondement juridique approprié. Les règles varient selon les pays.

Un consentement à la newsletter autorise-t-il automatiquement les messages WhatsApp ?

Non. Un consentement donné pour une finalité et un canal déterminés ne vaut pas automatiquement pour une autre messagerie. Il faut vérifier la portée exacte de l’autorisation initiale, les règles juridiques applicables et les conditions propres à WhatsApp. Une collecte distincte, explicite et documentée constitue une solution prudente pour les communications commerciales.

Comment mesurer l’efficacité d’un SMS de service sans vente directe ?

Mesurez des résultats correspondant à la finalité du message : confirmations obtenues, rendez-vous honorés, demandes d’assistance évitées ou actions de reprogrammation effectuées. Comparez ces indicateurs aux coûts réels et à une situation de référence pertinente. Un SMS informatif n’a pas besoin de générer une vente pour être utile.

Que faire lorsqu’un client demande l’arrêt des messages promotionnels ?

Enregistrez immédiatement la demande dans les systèmes concernés, appliquez-la au périmètre indiqué et empêchez les nouveaux envois commerciaux incompatibles avec cette opposition. Il faut également veiller à ce qu’un autre outil ou une autre équipe ne réimporte pas le contact dans une campagne. Les messages strictement nécessaires à un service peuvent relever d’un traitement distinct, à vérifier selon leur finalité.

Faut-il supprimer les contacts qui ne réagissent plus aux campagnes mobiles ?

L’absence de réaction ne signifie pas automatiquement que toutes les données doivent être supprimées. Elle peut toutefois justifier l’arrêt des sollicitations, une réévaluation de la pertinence du contact et l’application de la politique de conservation des données. L’entreprise doit distinguer les besoins commerciaux des éventuelles obligations de conservation liées aux commandes ou aux contrats.

Rédigé par Léa Caron, Décrypte l’e-commerce et l’internationalisation : confiance, pages produit, checkout, logistique et arbitrage marketplace vs site. Sa mission est de traduire les signaux de performance (abandons, retours, ROAS, demandes support) en diagnostics lisibles et en priorités réalistes. L’objectif est d’aider à la décision avec une information vérifiée et neutre, adaptée aux contraintes des équipes francophones.